
Ilona BOLTEAU
Interview Alumni : Regis RAMBLADO Inspecteur des douanes
đ Portrait dâun Ancien Ătudiant de lâUniversitĂ© Perpignan Via Domitia :RĂ©gis Ramblado
DiplĂŽmĂ© de lâUniversitĂ© de Perpignan Via Domitia, RĂ©gis Ramblado est aujourdâhui Inspecteur des Douanes.
Voici son parcours inspirant et ses conseils pour les futurs diplÎmés :
Bonjour Régis, en quoi consiste votre métier ?
Le mĂ©tier dâinspecteur des douanes nâest pas un mĂ©tier en soi, mais un grade, qui ouvre lâaccĂšs Ă une grande diversitĂ© de fonctions. En devenant inspecteur, on peut exercer dans des domaines trĂšs diffĂ©rents : officier naval et commandant de navire, comptable en recette, agent en brigade, chef de bureau, ou encore sur des missions Ă©conomiques liĂ©es Ă lâaccompagnement des entreprises.
Pour ma part, je suis rĂ©dacteur Formation Professionnelle â catĂ©gorie A, gestionnaire en formation professionnelle. Mon rĂŽle consiste Ă organiser les parcours de formation continue des agents : formations mĂ©tier, formations rĂ©glementaires et accompagnement des Ă©volutions professionnelles. Ă la Direction rĂ©gionale de Guadeloupe, nous comptons environ 250 agents : je construis le plan de formation, jâaccompagne les avancements de carriĂšre et je travaille en lien Ă©troit avec la Direction gĂ©nĂ©rale.
La douane repose sur deux piliers :
- le contrÎle, encadré par un cadre normatif en évolution rapide ;
- lâaspect Ă©conomique, notamment le dĂ©douanement, fortement impactĂ© par les rĂ©formes de lâUnion europĂ©enne.
Je gĂšre Ă©galement la prĂ©paration aux concours internes et examens professionnels : rĂ©unions dâinformation, formations, coordination avec les services concours.
En Guadeloupe, la spĂ©cificitĂ© insulaire implique dâavoir un service de formation de proximitĂ©. Nous privilĂ©gions la venue des formateurs plutĂŽt que lâenvoi dâagents en dĂ©placement, afin de garantir la qualitĂ© des formations. Nous mettons aussi en place de la formation de formateurs et partageons des bonnes pratiques avec les Ăźles voisines.
MĂȘme sâil sâagit principalement dâun poste administratif, mon rĂŽle est transversal et centrĂ© sur lâanimation, lâorganisation et la montĂ©e en compĂ©tences des agents. Je reste connectĂ© Ă la rĂ©alitĂ© terrain et administrative pour comprendre les besoins. Au siĂšge de la direction rĂ©gionale, je dois Ă©galement composer avec le fait que certains services ne sont pas physiquement prĂ©sents sur place (spĂ©cificitĂ© de lâarchipel), ce qui nĂ©cessite de bien connaĂźtre ses interlocuteurs pour fonctionner efficacement.
Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?
Pour ĂȘtre pertinent dans mes missions, je dois avant tout ĂȘtre ouvert dâesprit afin de comprendre les attentes et les besoins des collĂšgues. Il faut savoir se mettre au service des autres, car câest ainsi que lâon apporte une valeur rĂ©elle.
Les qualités essentielles sont :
- un excellent savoir-ĂȘtre, centrĂ© sur la communication et lâattitude constructive ;
- de la rigueur ;
- un sens marquĂ© de lâorganisation, indispensable dans tout mĂ©tier administratif.
Qu'est-ce qui vous plaßt le plus dans ce métier ?
On entre en douane par concours, puis on postule sur les postes proposĂ©s aprĂšs la formation initiale. Ce que jâapprĂ©cie particuliĂšrement dans le domaine de la formation, câest la satisfaction des agents : ils viennent chercher des solutions, et on peut rĂ©ellement amĂ©liorer leur quotidien professionnel.
Ce qui me motive le plus, câest la prĂ©paration aux concours : voir les collĂšgues rĂ©ussir est une vĂ©ritable fiertĂ©. En Guadeloupe, jâaime aussi pouvoir valoriser et accompagner la mobilitĂ© des agents guadeloupĂ©ens.
Mon poste mâoffre une grande autonomie dans lâorganisation de mon travail. En tant quâinspecteur, la polyvalence est importante : on peut ĂȘtre mobilisĂ© sur des missions trĂšs variĂ©es, parfois hors cadre. Les agents bĂ©nĂ©ficient de nombreuses formations obligatoires (ex. tir) et de formations actualisĂ©es selon les Ă©volutions du mĂ©tier (camion radiographique, rayons X, permis poids lourd...). La douane Ă©voluant trĂšs vite, il faut rĂ©guliĂšrement actualiser ses connaissances, par exemple lors de la mise en place de nouvelles taxes sur les petits colis.
Quel est le plus gros challenge que vous rencontrez dans ce métier ?
Mon principal dĂ©fi est la diversitĂ© des mĂ©tiers reprĂ©sentĂ©s en douane. Je dois mâassurer que personne ne reste de cĂŽtĂ© et que chaque agent bĂ©nĂ©ficie dâun accompagnement adaptĂ©. La formation doit ĂȘtre accessible Ă tous, ce qui demande une vigilance constante.
Pourquoi avoir choisi cette voie ? Quel a Ă©tĂ© votre parcours pour exercer ce poste aujourdâhui ?
Mon parcours est atypique. Jâai arrĂȘtĂ© mes Ă©tudes de droit en L2 en 2007 pour travailler comme manager dans la restauration rapide puis dans la grande distribution. Jâavais besoin de me confronter au monde professionnel.
En 2017, jâai repris mes Ă©tudes en terminant ma licence de droit et en lançant dans un master Administration Publique le tout Ă lâUPVD. Jâai continuĂ© Ă travailler en parallĂšle. AprĂšs mon M2, je nâai pas passĂ© immĂ©diatement les concours : jâai travaillĂ© comme contractuel dans plusieurs structures publiques (collectivitĂ©s, centre hospitalier, UPVD...), ce qui mâa confirmĂ© mon envie de rejoindre la Fonction publique.
Le DU INSPE, jâai fait partie de la 1Ăšre promo, a aussi Ă©tĂ© un atout : il mâa permis de rencontrer dâautres candidats, de me remettre Ă niveau et de rĂ©actualiser mon langage administratif.
La formation la plus dĂ©terminante a Ă©tĂ© le master dâadministration publique : une vraie prĂ©paration aux concours, notamment grĂące aux notions de droit, finances publiques et droit pĂ©nal.
En 2023, jâai passĂ© les concours douaniers presque par hasard : je mâĂ©tais inscrit Ă plusieurs concours (SAENES, IRA) et jâavais oubliĂ© celui des douanes ! AprĂšs la convocation au Boulou, jâai rĂ©ussi les Ă©crits puis les oraux Ă Tourcoing. Sâen est suivie une formation initiale de 9 Ă 10 mois, trĂšs enrichissante, mĂȘlant internes et externes, avec une rĂ©munĂ©ration de 2400 ⏠net.
Pourquoi avoir suivi cette formation à l'UPVD ? Que vous a-t-elle apporté ?
Jâai rejoint lâUPVD un peu par hasard, car je vivais Ă Narbonne. Le droit mâa plu, mĂȘme si je nâavais pas de vrai objectif au dĂ©part. Cette reprise dâĂ©tudes a Ă©tĂ© trĂšs diffĂ©rente : plus mature, plus motivĂ©.
Les Ă©tudes de droit sont trĂšs valorisĂ©es professionnellement. Le master, en particulier, a Ă©tĂ© dĂ©terminant : il mâa beaucoup apportĂ©, notamment en termes de production, de rigueur, de proximitĂ© avec les enseignants et de qualitĂ© de formation. Le campus Mailly a Ă©galement Ă©tĂ© un cadre trĂšs favorable.
Ce cursus mâa ouvert de nombreuses portes. On ne rĂ©alise pas toujours le niveau de compĂ©tences que lâon acquiert en cinq ans dâĂ©tudes : les rĂ©flexes, les connaissances et la mĂ©thodologie dĂ©veloppĂ©s font clairement la diffĂ©rence pour prĂ©parer les concours.
Si vous aviez un conseil Ă donner aux futurs diplĂŽmĂ©s, quel seraitâil ?
Je conseille fortement de tenter les concours. Une fois titulaire, on peut se concentrer pleinement sur son Ă©volution de carriĂšre. La contractualisation peut ĂȘtre une solution, mais elle reste limitĂ©e selon les postes.
Il ne faut pas se censurer et il faut oser. Il faut aussi savoir chercher des conseils et se préparer sérieusement.
Je recommande particuliĂšrement les concours de catĂ©gorie A. Certains postes de catĂ©gorie B peuvent offrir de trĂšs bonnes rĂ©munĂ©rations Ă©galement. Concernant les douanes, il faut rester lâesprit ouvert et la mobilitĂ© fait partie du processus.
RĂ©gis vous invite Ă oser les concours, Ă croire en vos capacitĂ©s : « votre seul frein câest vous ». Il reste disponible pour Ă©changer via votre plateforme.
Ilona BOLTEAU