Ilona BOLTEAU

5/8/2026

Interview Alumni : Regis RAMBLADO Inspecteur des douanes


🎓 Portrait d’un Ancien Étudiant de l’UniversitĂ© Perpignan Via Domitia :RĂ©gis Ramblado

DiplĂŽmĂ© de l’UniversitĂ© de Perpignan Via Domitia, RĂ©gis Ramblado est aujourd’hui Inspecteur des Douanes.

Voici son parcours inspirant et ses conseils pour les futurs diplÎmés :

Bonjour Régis, en quoi consiste votre métier ?

Le mĂ©tier d’inspecteur des douanes n’est pas un mĂ©tier en soi, mais un grade, qui ouvre l’accĂšs Ă  une grande diversitĂ© de fonctions. En devenant inspecteur, on peut exercer dans des domaines trĂšs diffĂ©rents : officier naval et commandant de navire, comptable en recette, agent en brigade, chef de bureau, ou encore sur des missions Ă©conomiques liĂ©es Ă  l’accompagnement des entreprises.

Pour ma part, je suis rĂ©dacteur Formation Professionnelle – catĂ©gorie A, gestionnaire en formation professionnelle. Mon rĂŽle consiste Ă  organiser les parcours de formation continue des agents : formations mĂ©tier, formations rĂ©glementaires et accompagnement des Ă©volutions professionnelles. À la Direction rĂ©gionale de Guadeloupe, nous comptons environ 250 agents : je construis le plan de formation, j’accompagne les avancements de carriĂšre et je travaille en lien Ă©troit avec la Direction gĂ©nĂ©rale.

La douane repose sur deux piliers :

  • le contrĂŽle, encadrĂ© par un cadre normatif en Ă©volution rapide ;
  • l’aspect Ă©conomique, notamment le dĂ©douanement, fortement impactĂ© par les rĂ©formes de l’Union europĂ©enne.

Je gĂšre Ă©galement la prĂ©paration aux concours internes et examens professionnels : rĂ©unions d’information, formations, coordination avec les services concours.

En Guadeloupe, la spĂ©cificitĂ© insulaire implique d’avoir un service de formation de proximitĂ©. Nous privilĂ©gions la venue des formateurs plutĂŽt que l’envoi d’agents en dĂ©placement, afin de garantir la qualitĂ© des formations. Nous mettons aussi en place de la formation de formateurs et partageons des bonnes pratiques avec les Ăźles voisines.

MĂȘme s’il s’agit principalement d’un poste administratif, mon rĂŽle est transversal et centrĂ© sur l’animation, l’organisation et la montĂ©e en compĂ©tences des agents. Je reste connectĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© terrain et administrative pour comprendre les besoins. Au siĂšge de la direction rĂ©gionale, je dois Ă©galement composer avec le fait que certains services ne sont pas physiquement prĂ©sents sur place (spĂ©cificitĂ© de l’archipel), ce qui nĂ©cessite de bien connaĂźtre ses interlocuteurs pour fonctionner efficacement.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Pour ĂȘtre pertinent dans mes missions, je dois avant tout ĂȘtre ouvert d’esprit afin de comprendre les attentes et les besoins des collĂšgues. Il faut savoir se mettre au service des autres, car c’est ainsi que l’on apporte une valeur rĂ©elle.

Les qualités essentielles sont :

  • un excellent savoir-ĂȘtre, centrĂ© sur la communication et l’attitude constructive ;
  • de la rigueur ;
  • un sens marquĂ© de l’organisation, indispensable dans tout mĂ©tier administratif.

Qu'est-ce qui vous plaßt le plus dans ce métier ?

On entre en douane par concours, puis on postule sur les postes proposĂ©s aprĂšs la formation initiale. Ce que j’apprĂ©cie particuliĂšrement dans le domaine de la formation, c’est la satisfaction des agents : ils viennent chercher des solutions, et on peut rĂ©ellement amĂ©liorer leur quotidien professionnel.

Ce qui me motive le plus, c’est la prĂ©paration aux concours : voir les collĂšgues rĂ©ussir est une vĂ©ritable fiertĂ©. En Guadeloupe, j’aime aussi pouvoir valoriser et accompagner la mobilitĂ© des agents guadeloupĂ©ens.

Mon poste m’offre une grande autonomie dans l’organisation de mon travail. En tant qu’inspecteur, la polyvalence est importante : on peut ĂȘtre mobilisĂ© sur des missions trĂšs variĂ©es, parfois hors cadre. Les agents bĂ©nĂ©ficient de nombreuses formations obligatoires (ex. tir) et de formations actualisĂ©es selon les Ă©volutions du mĂ©tier (camion radiographique, rayons X, permis poids lourd...). La douane Ă©voluant trĂšs vite, il faut rĂ©guliĂšrement actualiser ses connaissances, par exemple lors de la mise en place de nouvelles taxes sur les petits colis.

Quel est le plus gros challenge que vous rencontrez dans ce métier ?

Mon principal dĂ©fi est la diversitĂ© des mĂ©tiers reprĂ©sentĂ©s en douane. Je dois m’assurer que personne ne reste de cĂŽtĂ© et que chaque agent bĂ©nĂ©ficie d’un accompagnement adaptĂ©. La formation doit ĂȘtre accessible Ă  tous, ce qui demande une vigilance constante.

Pourquoi avoir choisi cette voie ? Quel a Ă©tĂ© votre parcours pour exercer ce poste aujourd’hui ?

Mon parcours est atypique. J’ai arrĂȘtĂ© mes Ă©tudes de droit en L2 en 2007 pour travailler comme manager dans la restauration rapide puis dans la grande distribution. J’avais besoin de me confronter au monde professionnel.

En 2017, j’ai repris mes Ă©tudes en terminant ma licence de droit et en lançant dans un master Administration Publique le tout Ă  l’UPVD. J’ai continuĂ© Ă  travailler en parallĂšle. AprĂšs mon M2, je n’ai pas passĂ© immĂ©diatement les concours : j’ai travaillĂ© comme contractuel dans plusieurs structures publiques (collectivitĂ©s, centre hospitalier, UPVD...), ce qui m’a confirmĂ© mon envie de rejoindre la Fonction publique.

Le DU INSPE, j’ai fait partie de la 1Ăšre promo, a aussi Ă©tĂ© un atout : il m’a permis de rencontrer d’autres candidats, de me remettre Ă  niveau et de rĂ©actualiser mon langage administratif.

La formation la plus dĂ©terminante a Ă©tĂ© le master d’administration publique : une vraie prĂ©paration aux concours, notamment grĂące aux notions de droit, finances publiques et droit pĂ©nal.

En 2023, j’ai passĂ© les concours douaniers presque par hasard : je m’étais inscrit Ă  plusieurs concours (SAENES, IRA) et j’avais oubliĂ© celui des douanes ! AprĂšs la convocation au Boulou, j’ai rĂ©ussi les Ă©crits puis les oraux Ă  Tourcoing. S’en est suivie une formation initiale de 9 Ă  10 mois, trĂšs enrichissante, mĂȘlant internes et externes, avec une rĂ©munĂ©ration de 2400 € net.

Pourquoi avoir suivi cette formation à l'UPVD ? Que vous a-t-elle apporté ?

J’ai rejoint l’UPVD un peu par hasard, car je vivais Ă  Narbonne. Le droit m’a plu, mĂȘme si je n’avais pas de vrai objectif au dĂ©part. Cette reprise d’études a Ă©tĂ© trĂšs diffĂ©rente : plus mature, plus motivĂ©.

Les Ă©tudes de droit sont trĂšs valorisĂ©es professionnellement. Le master, en particulier, a Ă©tĂ© dĂ©terminant : il m’a beaucoup apportĂ©, notamment en termes de production, de rigueur, de proximitĂ© avec les enseignants et de qualitĂ© de formation. Le campus Mailly a Ă©galement Ă©tĂ© un cadre trĂšs favorable.

Ce cursus m’a ouvert de nombreuses portes. On ne rĂ©alise pas toujours le niveau de compĂ©tences que l’on acquiert en cinq ans d’études : les rĂ©flexes, les connaissances et la mĂ©thodologie dĂ©veloppĂ©s font clairement la diffĂ©rence pour prĂ©parer les concours.

Si vous aviez un conseil Ă  donner aux futurs diplĂŽmĂ©s, quel serait‐il ?

Je conseille fortement de tenter les concours. Une fois titulaire, on peut se concentrer pleinement sur son Ă©volution de carriĂšre. La contractualisation peut ĂȘtre une solution, mais elle reste limitĂ©e selon les postes.

Il ne faut pas se censurer et il faut oser. Il faut aussi savoir chercher des conseils et se préparer sérieusement.

Je recommande particuliĂšrement les concours de catĂ©gorie A. Certains postes de catĂ©gorie B peuvent offrir de trĂšs bonnes rĂ©munĂ©rations Ă©galement. Concernant les douanes, il faut rester l’esprit ouvert et la mobilitĂ© fait partie du processus.

RĂ©gis vous invite Ă  oser les concours, Ă  croire en vos capacitĂ©s : « votre seul frein c’est vous ». Il reste disponible pour Ă©changer via votre plateforme.

Ilona BOLTEAU

5/8/2026