Interview alumni : Marc-Antoine AYELA, contrôleur de gestion au sein du groupe SNCF

Interview alumni : Marc-Antoine AYELA, contrôleur de gestion au sein du groupe SNCF

🎓Portrait d'un ancien étudiant de l’Université Perpignan Via Domitia :

Marc-Antoine AYELA

À seulement 28 ans, Marc-Antoine AYELA cumule les casquettes : contrôleur de gestion au sein du groupe SNCF, enseignant à l’université, officier de réserve et militant associatif. Derrière ce parcours pluriel, une ligne directrice claire : transmettre, accompagner et défendre l’intérêt général.

Voici son parcours inspirant et ses conseils pour les futurs diplômés.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m'appelle Marc-Antoine AYELA, j'ai 28 ans. Aujourd'hui, je suis contrôleur de gestion pour le groupe SNCF avec pour objectif le domaine de la communication. En parallèle, j'interviens en tant qu'enseignant à l'université Paris 8, et je suis aussi officier de réserve en communication auprès du ministère des Armées, au sein de la réserve opérationnelle marine.

Côté formation, j'ai obtenu une licence en économie et gestion en 2020, puis un master en management et administration des entreprises en 2022. Mon parcours universitaire s'est déroulé intégralement à l'université de Perpignan, où j'ai également suivi un DUT en logistique et transport en 2017.

Au-delà du parcours académique, je me suis engagé dans plusieurs actions bénévoles. Je suis mentor à l'ANAF (Association nationale des apprentis de France) depuis trois ans, et j'en suis aussi le vice-président. Ce rôle m'amène à siéger au Conseil économique, social et environnemental régional d'Île-de-France pour représenter les apprentis. Je fais également partie du bureau du réseau des jeunes cadres de ma direction du groupe SNCF, ce qui me permet d'être en lien avec de nombreux jeunes professionnels.

Quelle est la ligne directrice de vos engagements ?

Toutes mes activités ont pour fil conducteur le soutien à la jeunesse et le service de la France. Pendant mes études, j'ai participé pendant trois ans aux "Cordées de la réussite". Ce dispositif m'a permis de m'investir concrètement pour l'égalité des chances en accompagnant des lycéens. Ensuite, j'ai rejoint l'ANAF pour continuer à accompagner les jeunes, notamment les apprentis, en tant que mentor, puis administrateur.

Mon objectif est de transmettre un message fort : un parcours non linéaire peut être une richesse. Il faut croire en soi, cultiver sa confiance, même quand les objectifs semblent éloignés. Souvent, les jeunes se mettent des barrières mentales en pensant qu'ils ne sont pas à la hauteur. Mon rôle est aussi de déclencher cette étincelle, celle qui permet de prendre conscience de ses compétences.

Quelles sont vos missions en tant que contrôleur de gestion ?

Mon quotidien est très varié. Pour le groupe SNCF, je pilote la trajectoire financière de projets, avec un accent sur le contrôle des immobilisations. Concrètement, je recense les travaux et biens produits, pour les intégrer dans la comptabilité de l'entreprise. Cela demande un lien constant avec les acteurs projets et la direction financière.

Je travaille aussi à l'harmonisation des pratiques de travail, notamment via la conception d'outils comme Power Apps ou Power BI, qui facilitent le partage d'information entre les équipes. Avec plus de 150 000 salariés dans le groupe public unifié, c'est essentiel d'assurer une bonne circulation des données. Ces outils permettent de réduire les erreurs, de gagner en efficacité et d'éviter de travailler en silos.

Je veille aussi à la qualité des données budgétaires, en lien avec les acteurs projet et les directions opérationnelles. Le contrôleur de gestion doit faire preuve de rigueur dans la saisie, le suivi et l'analyse des écarts budgétaires. Cela implique des arbitrages réguliers et une communication constante avec les différentes parties prenantes.

Enfin, j'interviens également en renfort en gare, notamment lors de crises, pour accompagner les voyageurs en tant que "gilet rouge". C'est une facette très humaine de mon métier, qui me permet de rester connecté à la réalité du terrain.

Le groupe SNCF représente une véritable richesse, avec une multitude de métiers et d’activités, permettant à chacun de s’épanouir et de construire une carrière au sein du même groupe.

Quelles compétences faut-il pour être un bon contrôleur de gestion ?

Il faut de la rigueur, de l'organisation, mais aussi de la curiosité et un bon sens de la communication. Le contrôleur de gestion est un pivot entre plusieurs acteurs : directions financières, chefs de projet, directions opérationnelles... Il doit savoir naviguer dans des environnements parfois tendus ou complexes.

Il faut être capable de vulgariser des données complexes, tout en gardant un esprit collectif fort. Dans mon cas, je gère entre 70 et 80 projets en parallèle, ce qui demande une adaptabilité permanente. La pédagogie est aussi essentielle, car il faut parfois réexpliquer plusieurs fois des notions financières pour que tout le monde avance dans la même direction.

Quel est le principal défi de votre métier ?

Le plus gros challenge est de concilier toutes les exigences : celles des projets, des équipes, des règles budgétaires. L'exemple du projet EOLE (extension du RER E vers Nanterre-la-Folie) illustre bien cette complexité : un budget de 5.4 milliards d'euros, une multitude d'acteurs, et la nécessité de valoriser les infrastructures dans les comptes de l'entreprise.

Il faut aussi accompagner les transformations : le télétravail, l'intelligence artificielle, ou encore la robotisation des métiers, comme l'utilisation de drones pour la maintenance du réseau. Tout cela demande un véritable accompagnement au changement. Il faut anticiper les résistances, rassurer, former, et parfois négocier pour que les nouvelles pratiques soient adoptées de manière durable.

Pourquoi avoir choisi l'UPVD ?

Principalement pour sa proximité géographique, mais aussi pour sa taille humaine. J'ai privilégié une structure où la proximité avec les enseignants et les étudiants est réelle. J'ai été étudiant à la fois à l'IUT (DUT logistique et transport) et à l'IAE de Perpignan. Cette diversité d'enseignements, entre théorie et pratique en entreprise, m'a beaucoup apporté.

L'université de Perpignan propose aussi une vraie dynamique événementielle, des services innovants comme l'incubateur, que j'ai intégré en tant qu'étudiant-entrepreneur. J'ai aussi vu, pendant mon apprentissage à la Banque Populaire du Sud, les liens concrets entre l'université, les entreprises et la fondation UPVD. C'est un réseau vivant et actif, ancré sur son territoire, qui offre des opportunités concrètes aux étudiants.

Auriez-vous un conseil pour les jeunes ?

Il faut persévérer. Tout en continuant mes études universitaires, j'ai mis six ans avant d'intégrer le groupe SNCF. Chaque année, je postulais, sans succès. Jusqu'au jour où j'ai eu un appel inattendu... Et j'ai été embauché. Idem pour la réserve opérationnelle : plusieurs refus, jusqu'à ce qu'une rencontre au bon moment m'ouvre la bonne porte.

L'essentiel, c'est de ne jamais cesser d'y croire, même quand le parcours semble semé d'embûches. Il y a toujours des solutions, parfois inattendues. Il faut apprendre à lire les signes, à faire preuve de patience, et surtout de détermination. Il n'y a pas de parcours tout tracé, mais il y a des chemins qu'on peut créer soi-même, avec de la volonté, de la résilience et un peu de chance provoquée.

Marc-Antoine se tient à votre disposition pour échanger plus en détails via notre plateforme UPVD Alumni.

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