Interview alumni : Joana Campini Chargée de Mission Service Urbanisme

🎓 Portrait d'une Ancienne Étudiante de l’Université de Perpignan Via Domitia :
Joana CAMPINI
Diplômée en 2022 du Master UHA , est aujourd'hui Chargée de Mission Service Urbanisme dans la Mairie de Villelongue de la Salanque.
Voici son parcours inspirant et ses conseils pour les futurs diplômés.
Bonjour Joana, en quoi consiste votre métier ?
Mon métier de chargée de mission au service urbanisme consiste à assurer l’interface entre le pôle instructeur basé à Perpignan et les administrés de la commune de Villelongue-de-la-Salanque.
J’interviens principalement sur les demandes d’autorisation d’urbanisme : permis de construire, déclarations préalables de travaux (piscines, panneaux photovoltaïques, réfection de toiture, annexes, etc.). Pour les projets créant moins de 20 m², je réceptionne et j’analyse les déclarations préalables afin de déterminer s’il y a lieu ou non de les transmettre au pôle instructeur de Perpignan.
Je suis en charge :
- de la réception et du contrôle formel des dossiers déposés en mairie
- du suivi administratif de l’instruction (délais, compléments, échanges avec les services extérieurs)
- de la transmission des dossiers et décisions, notamment à la préfecture dans le cadre du contrôle de légalité.
Mon poste comporte aussi une forte dimension de conseil auprès des administrés : en amont des projets, j’explique les démarches à accomplir, les pièces à fournir et les règles applicables (PLU, PPRI, règlement de lotissement, etc.), afin de sécuriser au mieux leurs projets. Le permis de construire étant souvent un enjeu important (financier et personnel), mon rôle est d’accompagner les pétitionnaires et de faciliter leurs échanges avec le pôle instructeur.
J’apporte également un appui technique et juridique aux élus et au maire, en leur fournissant des éléments d’analyse sur la conformité des projets au regard de la réglementation en vigueur.
Une autre mission essentielle est le contrôle de la conformité des constructions : après délivrance d’un permis, le bénéficiaire réalise ses travaux puis dépose une déclaration attestant l’achèvement et la conformité. Dans un délai de cinq mois, je procède, avec un agent de la Police Municipale, à la vérification de la concordance entre le projet autorisé et la réalisation (implantation, emprise au sol, hauteurs, aspect extérieur, etc.). En cas de non-conformité, je signale la situation aux élus compétents (adjoint à l’urbanisme, maire) qui reçoivent les intéressés ; je n’ai pas de pouvoir de décision, mais mon constat et mon analyse technique servent de base aux suites à donner.
Ce poste me permet par ailleurs de développer et de renforcer des compétences techniques spécifiques, notamment en lecture et analyse de plans, interprétation des pièces graphiques et compréhension fine des règles d’urbanisme et de leur mise en œuvre opérationnelle.
Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?
« En savoir‑être : de l’organisation, parce qu’il y a énormément de documents à traiter. L’administration française demande beaucoup de documents donc il faut être rigoureux. Il faut aussi avoir le sens de l’accueil, de la patience, du sang‑froid face aux demandes des administrés, avoir de bonnes qualités relationnelles et être pédagogue.
En savoir‑faire : avoir les bases en urbanisme, et du droit de l’urbanisme.
Il faut savoir s’adapter au fonctionnement d’une collectivité. On a des comptes à rendre aux élus, par exemple à l’adjoint à l’urbanisme. Le pôle urbanisme est un pôle important dans une commune : il touche à l’aménagement de la ville et à l’accompagnement des projets de vie. Je représente la commune et son service public. Et j’explique la loi française aux administrés. »
Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?
«Je me retrouve dans ce poste parce qu’il y a ce côté humain. Au départ j’étais réticente de travailler dans un bureau, mais le fait que les dossiers soient tous différents, c’est ça qui m’anime. Et puis je sors un peu.
L’urbanisme, c’est protéger les biens et les personnes. Permettre un bon vivre ensemble, nous protéger les uns les autres. C’est intéressant d’expliquer les règles aux administrés et de les conseiller dans leur projet, par exemple avec les zones inondables.
J’ai aussi choisi le secteur public parce que ça me permet de conjuguer vie professionnelle et vie personnelle.
Il y a une évolution possible, pas forcément dans cette commune parce qu’elle est petite, mais j’ai pour objectif de passer des concours en interne et peut‑être d’aller dans une commune plus grande. »
Quel est le plus gros challenge que vous rencontrer dans ce métier ?
« À mon arrivée, c’était d’apprendre à m’organiser et de connaître tout le fonctionnement de la commune en lien avec le poste.
Le challenge aujourd’hui, c’est d’être toujours à jour des nouvelles lois et règlements et de savoir les expliquer de façon cohérente aux administrés. »
Pourquoi avoir choisi cette voie ? Quel a été votre parcours ?
J’ai fait un Bac STMG au lycée A. Maillol à Perpignan.
Ensuite, il a fallu choisir une orientation. Je voulais faire du droit, mais le fonctionnement de la licence ne me convenait pas : trop théorique, pas assez encadré. J’ai donc opté pour un DUT Carrière Juridique à Narbonne, car j’avais besoin d’un cadre avec une petite promo et de la pratique, notamment grâce aux stages.
Puis j’ai poursuivi en Licence Professionnelle Droit de l’immobilier et Urbanisme. Je me suis dit que c’était un domaine porteur, avec des débouchés et des sujets intéressants.
En Master 1, j’ai étudié le droit immobilier et l’urbanisme. J’ai eu plus d’affinité avec l’urbanisme, car il touche à l’intérêt public et à l’impact environnemental : comment construire nos villes de demain.
Mon Master 2, Urbanisme et Aménagement – Parcours Urbanisme, Habitat et Aménagement (2022), a été très enrichissant. Ce qui m’a particulièrement plu, c’est la pluridisciplinarité : travailler avec des étudiants d’horizons différents (architectes, etc.) sur des projets concrets. J’avais vraiment l’impression d’être dans un bureau d’étude.
Mes stages m’ont permis de découvrir plusieurs facettes du métier : droit pénal, promotion immobilière, puis chez un aménageur (SEM Roussillon Aménagement) qui accompagne les collectivités dans leurs projets urbains.
Après mon diplôme, j’ai pris une année pour voyager aux Antilles, en travaillant et en profitant. À mon retour, j’ai tenté l’immobilier, mais cela ne me plaisait pas. J’ai ensuite postulé en mairie pour mon poste actuel.
Ma pause dans l’urbanisme me faisait un peu peur : j’avais peur d’avoir perdu mes bases. J’ai donc tout révisé comme si je préparais un examen, pour être prête à l’entretien. Ce poste correspondait à ma flexibilité et à mes expériences variées.
Les parcours ne sont jamais figés. Je n’étais pas sûre de revenir à l’urbanisme, et aujourd’hui je m’y épanouis pleinement. Je compte bien évoluer dans ce domaine. »
Si vous aviez un conseil à donner aux futurs diplômés, quel serait-il ? ?
« Ayez confiance en vous et osez. Ne vous mettez pas trop de pression par rapport à l’avenir.
Soyez présents dans vos études, profitez de ces années, elles sont précieuses. Écoutez les conseils, donnez-vous à fond dans les matières qui vous passionnent.
La vie active viendra en temps voulu. Ne vous stressez pas inutilement : apprenez, profitez et vivez le moment présent. »
Joana CAMPINI se tient à votre disposition pour échanger plus en détails via notre plateforme UPVD Alumni.
